De tous côtés, je suis sollicité pour participer à des méditations pour la paix dans le monde. Lors de chaque nouvelle crise - Chine, Kosovo, Palestine, Guatemala, Irak, etc. - mon email et mon courrier débordent d’appels à des méditations planétaires. 

De tous côtés, je suis sollicité pour participer à des méditations pour la paix dans le monde. Lors de chaque nouvelle crise - Chine, Kosovo, Palestine, Guatemala, Irak, etc. - mon email et mon courrier débordent d’appels à des méditations planétaires. Des nouvelles initiatives de méditations globales fleurissent chaque semaine.

Des grands noms s’associent à ces actions pour leur donner plus d’impact. Twymann, Bradden, Williamson et d’autres ressortent une théorie du centième singe mise à jour, espérant arriver au pourcentage de pensées positives nécéssaire pour faire basculer la réalité planétaire et nous précipiter d’un instant à l’autre dans un monde de paix.

D’autres personnes, promotrices d’initiatives visant à guérir la planète, utilisent des équipements dérivés de la géométrie sacrée et de la géobiologie pour transformer les conditions de l’environnement et éliminer la pollution. On voit aussi se développer le tourisme ésotérique, des groupes toujours plus nombreux, emmenés par des personnes "guidées" partent méditer sur l’emplacement de sites sacrés pour les réactiver.

En soit, toutes ces initiatives sont louables et généreuses. Mais le plus souvent, elles témoignent d’une inquiétante ignorance. Tout d’abord, promoteurs et participants à ces initiatives ne sont souvent pas conscients de leur nature polarisée. En cherchant à renforcer le côté positif des événements, ils n’ont aucune idée de ce qu’ils provoquent - une intensification des polarisations.

J’étais dans ces réflexions lorsque je suis tombé sur un extrait de texte décrivant le point de vue du maître tibétain Djwal Khul, l’époque de Alice Bailey, sur la manière dont une énergie bienveillante peut être mal utilisée. Décrivant comment, durant la dernière guerre, des groupes spirituels envoyaient de l’amour à Hitler en pensant pouvoir le changer, il expliquait ensuite comment celui-ci était capable d’utiliser l’énergie qu’il recevait pour accomplir ses objectifs. Djwal Khul recommandait à ses étudiants de faire très attention à la manière dont l’énergie était utilisée. Il ajoutait qu’à moins de vraiment connaître le plan divin pour une région donnée, il était préférable de concentrer l’énergie sur la Grande Fraternité Blanche et de la laisser en faire un usage approprié. Parfois, des situations ont besoin d’être déchargées d’énergie et non d’une stimulation supplémentaire.

Lorsque je regarde les lieux qui ont bénéficié de l’attention des méditations planétaires, force m’est de constater que la situation s’est dégradée, qu’elle s’est encore plus polarisée. Cela dit, peut-être que ça serait encore pire sans méditations, mais je ne le sens pas comme ça. Lorsque je m’intéresse aux lieux qui ont servi de laboratoires aux expériences de dépollution, je note que l’on a enregistré aux alentours des dérangements climatiques sans précédent. Toutes ces initiatives bienveillantes présentent les mêmes failles : d’une part, même si elles se basent sur l’idée d’utiliser la puissance de la pensée, elles s’arrêtent à mi-chemin et accordent la prépondérance aux conditions extérieures, nous proposant ensuite de les guérir. D’autre part, ces initiatives démontrent une méconnaissance de la nature polarisée de la psyché humaine, car elles passent à côté du fait primordial que si le monde actuel est aussi déséquilibré, c’est justement à cause de cette dualité subconsciente.

Bien sûr, c’est exaltant d’oeuvrer à la paix dans le monde. Mais lorsque cela prend la forme d’une inflation de fantastique cosmique en dehors de notre réalité quotidienne, une division supplémentaire s’opère : expériences trancen-dantes contre dense platitude de la vie quotidienne. Qui pose les frontières entre ces réalités ?

Si je vous dis que vous êtes vous-même, il est probable que vous serez déçu. Si je vous annonce que vous faites partie de la Légion de Michaël, vous allez être transporté de joie. Pourquoi? Tout est Dieu. Je y compris. Je ne vois pas la différence. La réalité environnante n’est pas extérieure.

Bien sûr, nous pouvons créer une réalité illuminée - nous sommes ici pour ça ; simplement, pour y parvenir, nous devons avant tout éliminer cette tendance compulsive à déterminer le plaisant par rapport à son contraire, et retrouver l’usage divin de notre attention.

L’univers est un lieu sûr !