Helmut adorait les MacDonald et la crème anglaise
Il en mangeait sans cesse, jusqu’à devenir obèse
Jusqu’à qu’son intestin se transforme en fournaise
Et en usine à gaz : je vous dit pas le malaise

Prout, prout, voila Helmut le Mammouth
Chantaient ses copains, le voyant sur la route, 
Marchant à plein gaz, semant la déroute,
Empestant le quartier d’odeurs de mazout.

Les gens du quartier firent une association,
Pour s’attaquer à ses problèmes de digestion,
Ils l’obligèrent à changer d’alimentation,
A manger du soya, des carottes et du son.

Mais ce régime contre-nature et ascétique
Rendit le gros Helmut complètement névrotique
Dévasté par la doctrine macrobiotique
Il tomba malade : aérophagie psychosomatique

Prout, prout, voila Helmut le Mammouth
Criaient les voisins, le voyant dans le doute, 
Pêter son désespoir, sa peine et sa déroute,
Pour faire sentir aux gens à quel point ça le dégoutte.

Finalement Helmut revint à son régime habituel
Mais quand un jour il pêta près d’une station Shell,
Un inconscient avec un briquet fit une belle étincelle
On avait jamais vu une explosion pareille.

Prout, prout, voila Helmut le Mammouth
Entonnaient les anges, le voyant sur la route, 
Suivi des citoyens qui encore redoutent
Les pêts cataclysmiques de Helmut le Mammouth.

Prout, prout, Helmut le Mammouth
Est mort en odeur de sainteté.

Alain-Yan Mohr
Août 1995