Yodlo vivait tranquille, bien dans sa peau
Dans une réserve du Kilimanjaro.
Avec ses copains du clan des Rhinos,
Il avait fondé un groupe de musique ethno.

Yodlo le rhino, yodlo, yodlo yodlo
Tape sur ses bongos, swingue sur le tempo.

Mais cette situation tellement paradisiaque
Cessa soudain quand des maniaques
Chinois en manque d’aphrodisiaques
Envahirent la réserve avec armes et matraques.

Yodlo le rhino, yodlo, yodlo yodlo
Encorne ces salops, swingue sur le tempo.

Ses copains massacrés, leurs cornes arrachées
Pour quelques imbéciles incapables de bander
Décidèrent Yodlo à quitter la contrée
Pour des cieux moins violents et plus civilisés.

Yodlo le rhino, yodlo, yodlo yodlo
Quitte le cacao, swingue sur le tempo.

Il se cacha dans la soute d’un avion humanitaire
Et s’envola bientôt au dessus du désert.
A l’arrivée, les douaniers suisse devinrent tout verts  
Quand Yodlo le rhino réclama une protection policière.

Yodlo le rhino, yodlo, yodlo yodlo
Raconte son mélo, swingue sur le tempo.

Brigitte Bardot et Franz Weber menacèrent les autorités
Des comités de soutien s’organisèrent dans les cités
L’affaire fit tellement de bruit dans les journaux et à la télé
Qu’on accorda à Yodlo un statut spécial de réfugié.

Yodlo le rhino, yodlo, yodlo yodlo
Cause dans les journaux, swingue sur le tempo.

Depuis, l’affaire est oubliée, l’actualité prime, 
L’opinion s’occupe des zébus qui dépriment
Mais Yodlo le rhino a surmonté l’abîme
Il joue du cor des alpes, là en haut, sur les cîmes. 

Yodlo le rhino, yodlo, yodlo yodlo
Souffle dans son pipeau, swingue sur le tempo.

Alain-Yan Mohr
Août 1995