Assis au bord du Nil
Trilil le crocodile
Contemple quarante siècles d’histoire

Il compte les membres de sa famille garnissant les vitrines
De Paris, de Milan, de Zurich ou Brooklyn
Transformés en valises, en sacs pour Marilyn
Et tout cela le déprime, tout cela le chagrine.

Refrain : 
Trilille pleure des larmes de crocodile
Son existence est bien trop difficile
Trilille pleure des larmes de crocodile

Pour se r’monter le moral et pour changer d’humeur
Il compte les humains victimes de sa fureur
Croqués par lui, par ses frères et ses soeurs
Et sourit à pleine dents en voyant leur malheur.

Refrain : 
Et pourtant
Trilille pleure des larmes de crocodile
Les humains sont bien trop fragiles
Trilille pleure des larmes de crocodile 

Se réjouir du malheur n’est pas satisfaisant
Espérer le bohneur est totalement frustrant
Se dit le crocodile, soudain philosophant
La vie, la mort, c'est pas si important.

Refrain : 
Trilille pleure des larmes de crocodile
Pourquoi se retenir ou rester immobile
Trilille pleure des larmes de crocodile

Mais cette fois, c’est des larmes de rire.

Alain-Yan Mohr
Août 1995