Qui est «Hermès»?

Dans la mythologie grecque, Hermès est l’une des divinités de l'Olympe. A la fois organisateur et désorganisateur, Hermès est un Dieu multiple et facétieux : à peine né, il sait déjà parler et marcher. Personnification de l'ingéniosité et de la chance, il est le dieu du commerce, le gardien des routes et des carrefours, des voyageurs, des voleurs, le conducteur des âmes aux Enfers et le messager des dieux.

Protecteur des chemins visibles et invisibles, Hermès est, parmi les dieux grecs, le plus proche des hommes et le plus bienveillant à leur égard : il leur donne l'écriture, la danse, les poids et mesures, la flûte et la lyre, le moyen de produire une étincelle lorsque le feu s'est éteint.

Aux époques tardives et dans l'Égypte hellénisée, il se confondra avec Thot, le dieu des savoirs cachés, et deviendra ainsi l'auteur mythique, sous le nom d’Hermès Trismégiste (Hermès trois fois grand), d'une véritable bibliothèque ésotérique qui nourrira notamment les études des alchimistes. En sa qualité de messager des dieux, Zeus lui avait en effet accordé le privilège unique d’accéder aux trois mondes : l'Olympe, la Terre et les Enfers.

Hermès possède plusieurs attributs. Le pétase, chapeau à large bord, est le symbole des commerçants et des voyageurs. Les sandales ailées ainsi que le casque ailé rappellent qu'il était le messager des dieux ; ils symbolisent sa rapidité car il se déplace à la vitesse du vent.

Il porte aussi à la main un caducée, ou sceptre d’Hermès, formé d’un bâton en or autour duquel s'enroulent en sens inverse deux serpents surmontés d'ailes. Le serpent représente symboliquement deux aspects, l'un bénéfique et l'autre maléfique ; les ailes symbolisent le suprême état de force de ces aspects contraires et l'enroulement autour du bâton symbolise l'équilibre entre ces deux puissances contraires qui se croisent et se séparent, qui s'approchent et s'éloignent ; cet équilibre est nécessaire pour obtenir la paix, l'harmonie et en terminologie médicale le bien être et la santé dans ses deux versants, physique et psychique. De nos jours, certaines institutions médicales considèrent ce caducée comme l'emblème universel de la science médicale. D'autres voient dans le caducée, les quatre éléments de la nature : le bâton représente la terre, les ailes correspondent à l'air, les serpents par leurs ondulations représentent l'eau et le feu.

Les particularités du dossier de soins infirmiers Hermès

Le dossier de soins infirmiers informatisé Hermès présente plusieurs particularités :

  • Elaboré avec des soignants, il est très convivial et simple d’utilisation. Il ne nécessite aucune connaissance particulière en matière d’informatique.
  • Il présente une carte des besoins de la personne.
  • Il permet la documentation de la prise en charge de la douleur, qu’elle soit physique ou psychique.
  • S’agissant de la douleur psychique, Hermès intègre la dimension subjective des soignants (ce qu’ils éprouvent dans une situation douloureuse), ce qui contribue à prévenir le risque d’épuisement professionnel et pourrait préfigurer une nouvelle manière de prendre soin.
  • Il met l’accent sur le bilan de vie de la personne, lequel constitue à la fois une nouvelle approche de la fonction du grand âge dans la vie et une contribution à la préparation spirituelle à la mort.

Et enfin :

  • Il représente une solution « sur mesure » économique qui peut être aisément adaptée aux spécificités de toute institution médico-sociale.

La structure d’Hermès

Hermès se présente comme une structure simple et flexible susceptible de s’adapter facilement et à un faible coût aux spécificités de n’importe quelle institution médico-sociale. Chaque modification d’une fiche personnelle - du recueil de données ou du bilan de vie - est relevée dans un historique des modifications pour faciliter le suivi des dossiers par les soignants.

Conformément à la tradition ésotérique, Hermès comprend trois parties :

  1. une base de données pour identifier les divers besoins de la personne ;
  2. les actions de soins qui documentent les prestations qui lui sont fournies ;
  3. le bilan de vie qui se présente comme la tâche essentielle proposée par le grand âge.

1ère partie

 La base de données pour identifier les besoins de la personne se compose de :

  • une fiche d’admission, pour les informations générales de la personne ;
  • son histoire de vie qui constitue sa biographie ;
  • un recueil de données pour documenter les besoins de la personne ; ce recueil de données permet de saisir dès l’entrée en institution les données nécessaires pour compléter un questionnaire de demande d’allocation d’impotence ;
  • une page réseau pour consigner les relations sociales ;
  • une fiche des 14 besoins selon V. Anderson ;
  • une documentation de l’alimentation destinée à décrire les goûts et les besoins de la personne ;
  • un diagnostic médical ; la mise à jour du diagnostic médical se fait sous la forme de fiches successives reproduisant la précédente de manière à conserver l’historique ;
  • un diagnostic infirmier ; la mise à jour du diagnostic infirmier se fait aussi sous la forme de fiches successives reproduisant la précédente de manière à conserver l’historique ;
  • une fiche destinée à établir la médication de la personne à partir d’une liste de médicaments figurant dans le programme ; la mise à jour de la médication se fait aussi sous la forme de fiches successives reproduisant la précédente de manière à conserver l’historique ; à partir de la liste des médicaments, on peut imprimer les étiquettes à placer sur les boîtes de médicaments ;
  • une fiche kardex destinée à l’enregistrement de diverses observations générales qui ne figureraient dans les transmissions ciblées ;
  • une fiche pour les notes éventuelles.

Au moyen d’onglets placés en bas de page, cette base de données permet de constituer :

  • une carte des besoins de la personne, assortie d’un onglet permettant d’accéder aux transmissions ciblées dont elle fait l’objet ;
  • une carte de vie destinée à faciliter la fourniture des prestations de soins au moment de la toilette matinale ;
  • une carte de référente qui a pour objectif de permettre un suivi personnalisé des besoins de la personne.

2ème partie

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Les actions de soins décrivent les prestations de soins fournies à la personne. Ces actions de soins sont toutes documentées de la même manière (cible, observation-décision, action, résultat). Elles se composent :

  • des transmissions ciblées ; synthèse des actions de soins en cours, une transmission ciblée est ouverte chaque fois qu’une des diverses actions de soins décrites ci-dessous est ouverte.
  • des actes infirmiers – de nursing (par mesure de simplification, aucune distinction entre ces deux catégories ne prestations n’a été ici opérée) ;
  • des visites médicales, page qui peut être imprimée pour pouvoir être classée dans le dossier du résident après signature par le médecin ;
  • d’une fiche PCI (prévention et contrôle de l’infection) pour documenter les mesures qui seraient prises pour dépister les MRSA ;
  • d’une description des éventuelles mesures de contention avec les nécessaires visas infirmier, médical et familial ; cette fiche permet la réévaluation périodique de ces mesures ;
  • d’une page documentant les mesures prises en faveur de la motricité, qu’il s’agisse de la physiothérapie, des plans de marche (stimulation à la marche) ou des exercices ;
  • d’une page décrivant la prise en charge de la douleur physique telle qu’elle est pratiquée à la Résidence Bellerive de Cortaillod (NE) et composée d’une évaluation de la douleur et d’une documentation des éventuels massages prodigués à des fins de soulagement.

Véritable spécificité de la Résidence Bellerive et considérée comme un signe vital au même titre que le pouls, la température, la tension artérielle et la respiration (cf. description du projet institutionnel « Ensemble pour soulager » dans www.bellerive.ch – page la douleur), la douleur physique est évaluée et prise en charge par des mesures générales appliquées à chaque résident tous les deux mois au moyen d’échelles visuelles analogiques (EVA) ou de questionnaires « doloplus » à l’intention des personnes désorientées, deux dispositifs d’évaluation qui peuvent être imprimés à partir d’Hermès.

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 Les mesures bi-mensuelles sont reportées sur un graphique des évaluations, pour être ensuite transmises au médecin traitant, d’une part, et faire l’objet d’une analyse interne, d’autre part.

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Pour les personnes affligées de souffrances particulièrement aiguës ou chroniques ainsi que pour les personnes en fin de vie, des protocoles de mesures quotidiennes peuvent être introduits. Ces protocoles peuvent être complétés soit dans Hermès, soit à la main. 

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3ème partie

Le bilan de vie se présente comme la tâche essentielle proposée par le grand âge.

On considère à la Résidence Bellerive (cf. www.bellerive.ch – page la mourance) que la fonction principale du grand âge est de se préparer à la mort et que le bilan de vie constitue la meilleure - et peut-être la seule - manière de le faire. La mort sera inévitablement douloureuse pour quiconque l’aborde l’esprit chargé de regrets ou de remords, en raison des résistances que ces sentiments entraînent. Il est également impossible de mourir paisiblement si l’on est dominé par l’impression que notre existence a été inutile.

De nos jours, dans les EMS, la mode est aux projets de vie - parfois plus modestement appelés projets d’accompagnement - dont la fonction est de faciliter l’intégration d’un résident ou de lui permettre de retrouver une activité qui lui faisait plaisir. Il n’y a rien de mal à cela. Sauf quand les projets de vie ont pour objectif inconscient de se soustraire au bilan de vie. D’ailleurs, un projet de vie est naturellement issu d’un bilan qui consiste à prendre la mesure de ce que l’on avait et dont on est dorénavant privé.

Pour les soignants, faciliter le bilan de vie des résidents constitue une opportunité précieuse d’apporter la contribution qu’ils souhaitent. Comme le dit Sogyal Rinpoché dans le livre tibétain de la vie et de la mort : « Il n’y a pas de plus grande œuvre de charité que d’aider quelqu’un à bien mourir ».

La partie bilan de vie comprend :

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  • La prise en charge de la douleur psychique / interpellations qui présente la particularité d’également documenter les interpellations des soignants dans les circonstances où la douleur psychique des résidents s’exprime (cf. www.bellerive.ch – page la douleur). Par interpellation, on entend les sentiments et les pensées qui animent un soignant lorsqu’il est confronté aux douleurs, aux peines, voire à la mort de ceux dont ils s’occupent.

    Faute d’identifier ses interpellations, la probabilité est importante que les prestations de soins fournies visent davantage à soulager le soignant que le résident. En outre, l’accumulation des interpellations non traitées - parce que non identifiées - entraîne un important risque d’épuisement professionnel.

    Identifier ses interpellations permet donc au soignant d’agir avec davantage de pertinence tout en ménageant sa propre santé. L’hypothèse qui est ici formulée, c’est que l’on s’occupe d’autant mieux des autres si l’on prend soin de soi.
     

  • Le bilan de vie dont le contenu porte sur les différents secteurs de l’existence que sont les rapports avec les proches (les enfants, les parents, les amis), le couple (la vie à deux, la sexualité), le travail, l’activité créatrice et/ou la pratique spirituelle (la recherche du sens).

    Il s’agit de faire l’inventaire de ce qui s’est bien déroulé dans ces différents secteurs, et aussi d’identifier ce qui laisse un goût d’inachevé. C’est l’occasion également d’exprimer ses sentiments, ses colères, ses regrets, ses peurs comme ses joies. Très souvent, ce bilan de vie met en lumière les relations qui ont été ternies par les aléas de l’existence. Ce qui est tout à fait naturel, dans la mesure où l’existence se résume finalement à l’amour que nous avons donné et reçu.

    Le bilan de vie, c’est en définitive l’opportunité de mettre ses affaires en ordre et de se préparer spirituellement à la mort.

Commençant avec l’histoire de vie de la personne qui documente les faits de son existence, Hermès se termine avec son bilan de vie, lequel exprime comment elle se représente son cheminement dans la vie.

Autres fonctions et personnalisations

Hermès a été développé sur Filemaker. Son interface comporte un jeu de menus propres à Hermès, mais les fonctions internes à Filemaker (menus standard) sont en tout temps disponibles pour qui veut disposer de plus de souplesse dans les recherches, les tris et l’établissement de rapports particuliers.

Enfin, Hermès peut être personnalisé, modifié et agrémenté de nouvelles fonctions reflétant l’activité de pratiques spécifiques au sein de diverses institutions. Dans le cas de telles modifications, un cahier des charges est établi au préalable.

Le dossier de Soins Informatisé Hermès a été développé pour la Résidence Bellerive. Plus d'infos sur: www.bellerive.ch